Choisir ses chaussures pour la marche nordique
Pour la marche nordique, choisissez une chaussure basse, souple à l'avant-pied, bien amortie au talon et adaptée à votre terrain. Une chaussure de trail convient sur les chemins, et une chaussure de course sur route ou de marche sportive sur le bitume. Vous n'avez pas besoin de chercher un modèle « spécial marche nordique », devenu rare. Ce qui compte, c'est que la chaussure accompagne le déroulé du pied et vous aille parfaitement. Vous trouverez ci-dessous les critères, le bon type selon le terrain et la méthode pour bien essayer vos chaussures.
En bref
- Le bon type : prenez une chaussure de trail basse pour la terre et la boue, une chaussure de course sur route ou de marche sportive pour le bitume et les chemins secs, une chaussure de randonnée basse pour la rocaille.
- Les critères clés : la chaussure doit être légère, avec un avant-pied souple, un talon amorti et stable et une accroche adaptée au sol.
- Le talon : en marche nordique, le pas s'allonge et le talon reçoit davantage de pression qu'en marche classique.
- L'essayage : essayez vos chaussures en fin de journée, avec vos chaussettes de sport, en gardant environ un pouce (1,5 cm) devant le plus long orteil.
- Sous la pluie : une membrane imperméable garde le pied au sec. C'est la chaussette mouillée qui favorise les ampoules, plus que sa matière.
- Les bâtons : ils sont le deuxième équipement clé, et le seul qui fait travailler le haut du corps.
Ce que la marche nordique demande à vos pieds
La marche nordique n'est pas une simple promenade avec des bâtons. Une revue de 42 études relève, par rapport à la marche, des pas environ 10 % plus longs et une cadence environ 6 % plus faible (Roy et al., 2020). Le pied attaque le sol par le talon, déroule jusqu'aux orteils, puis pousse pendant que le bras opposé pousse sur le bâton. Notre guide de la technique de base décrit ce geste en détail.
Les mesures prises sous le pied le confirment :
- Le talon travaille davantage. Chez des pratiquants expérimentés, la pression sous le talon est environ 23 % plus élevée en marche nordique qu'en marche, et celle sous le milieu de l'avant-pied environ deux fois plus faible (Pérez et al., 2010). Une autre étude retrouve elle aussi moins de pression sous l'avant-pied en marche nordique, quelle que soit la technique (Encarnación-Martínez et al., 2017).
- Les appuis sont plus dynamiques. Chez 24 instructeurs, la marche nordique donnait des mises en charge plus rapides, des forces horizontales plus élevées et une pronation (le pied qui bascule vers l'intérieur) plus marquée qu'en marche (Hagen et al., 2006).
Ces différences n'ont rien d'inquiétant, car les mêmes chercheurs concluent que les charges sur les jambes restent modérées. Elles expliquent en revanche pourquoi une chaussure de marche nordique doit offrir un talon amorti et stable, un avant-pied souple pour bien dérouler et une semelle qui accroche au moment de la poussée.
Les 7 critères d'une bonne chaussure de marche nordique

1. Un avant-pied souple
La chaussure doit plier là où plient vos orteils, à leur base, et pas au milieu. C'est ce qui permet de dérouler le pas jusqu'à la poussée. En magasin, tenez la chaussure par le talon et par la pointe, puis rapprochez-les. Elle doit céder facilement à l'avant (Australian Podiatry Association).
2. Un talon amorti et stable
Puisque le talon encaisse davantage, il doit être amorti. Il doit aussi être bien tenu. Le contrefort, la partie rigide qui entoure l'arrière du talon, ne doit pas s'écraser quand vous le pressez. Le milieu de la chaussure, lui, ne doit pas vriller quand vous la tordez comme une serpillière. Une chaussure qui passe ces deux tests limite la bascule du pied sur un sol irrégulier.
3. Un drop raisonnable
Le drop est la différence de hauteur entre le talon et l'avant-pied. Il va de zéro à une douzaine de millimètres selon les modèles. Aucune étude n'a établi de drop idéal pour la marche nordique. Le plus simple est de rester proche de vos chaussures habituelles. Si vous passez à un drop beaucoup plus faible, faites-le progressivement, car il sollicite davantage les mollets et le tendon d'Achille.
4. Une accroche adaptée au terrain
Sur les chemins de terre et dans l'herbe, des crampons courts suffisent. Dans la boue et sur les sentiers gras, il faut des crampons plus profonds et espacés, qui ne se remplissent pas de terre. Sur le bitume, des crampons très marqués s'usent vite sans rien apporter, et une semelle de course sur route est plus agréable.
5. Imperméable ou aérée
Une membrane imperméable garde le pied au sec sous la pluie, dans la rosée ou les flaques. Elle est en revanche moins aérée qu'une tige en mesh, si bien qu'en été le pied chauffe et transpire davantage. Beaucoup de pratiquants ont deux paires, une imperméable pour l'automne et l'hiver, une aérée pour les beaux jours. Nos conseils pour les sorties humides sont dans l'article Marche nordique par temps de pluie.
6. Le poids
Le poids porté aux pieds se paie plus cher que sur le dos. Chaque kilo ajouté aux pieds augmente la dépense d'énergie de 7 à 10 % (Knapik et al., 2004). Sur une sortie d'une heure, vous soulevez chaque pied plusieurs milliers de fois. À confort égal, prenez la chaussure la plus légère.
7. Le maintien
Une tige basse convient à la grande majorité des sorties, car elle laisse la cheville fléchir librement à chaque pas. Une tige mi-haute peut se justifier sur un terrain très caillouteux ou si vous vous tordez facilement la cheville. Dans tous les cas, le maintien vient d'abord du contrefort et du laçage.
Quelle chaussure pour quel terrain ?
Le bon type de chaussure dépend d'abord de l'endroit où vous marchez le plus souvent.

| Type de chaussure | Points forts | Limites | Pour qui |
|---|---|---|---|
| Trail à tige basse | Accroche, protection contre les cailloux, légèreté | Crampons qui s'usent vite sur le bitume | Chemins de terre, forêt, boue, terrains variés |
| Course sur route | Amorti, légèreté, souplesse | Peu d'accroche sur la boue et l'herbe mouillée | Bitume, voies vertes, chemins secs |
| Marche sportive | Déroulé facilité, confort | Accroche limitée hors des chemins | Bitume et chemins faciles, reprise du sport |
| Randonnée basse | Solidité, protection, semelle ferme | Plus lourde et plus rigide, elle laisse moins bien dérouler le pied | Rocaille, montagne, terrains très accidentés |
| Spéciale marche nordique | Pensée pour le déroulé talon-pointe | Devenue rare en magasin | Pratique régulière sur chemins variés |
Les chaussures « spéciales marche nordique » existent-elles encore ?
Oui, mais elles sont devenues rares. En octobre 2026, Decathlon en référence encore sous sa marque Newfeel (gamme NW), en version aérée et en version imperméable. Rien ne vous oblige à en chercher une, car une chaussure de trail basse, souple et légère répond aux mêmes critères.
Les chaussures à éviter
- Les chaussures de ville : elles n'ont ni amorti adapté ni accroche.
- Les chaussures de randonnée montantes et rigides : elles freinent le déroulé du pied.
- Les chaussures usées : leur semelle est lisse, leur amorti tassé et leur contrefort déformé.
- Les chaussures trop justes : le pied gonfle à l'effort et avance dans la chaussure en descente.
En ville et sur le bitume
Sur l'asphalte, c'est la chaussure qui assure l'essentiel de l'amorti, alors choisissez-la bien rembourrée. Côté bâtons, une pointe métallique glisse et s'use sur le bitume. On y fixe donc des embouts en caoutchouc, les pads. Tout est expliqué dans nos articles Marche nordique en ville et Les différents types de pointes de bâtons. En montagne, lisez aussi Marche nordique en montagne.
Comment bien essayer ses chaussures
Entre 63 et 72 % des personnes portent des chaussures qui ne correspondent pas à la longueur ou à la largeur de leurs pieds, d'après une revue de 18 études (Buldt et Menz, 2018). Quelques règles simples évitent l'erreur :
- Essayez en fin de journée ou après une sortie, car les pieds gonflent au fil des heures (Académie américaine des chirurgiens orthopédistes).
- Portez vos chaussettes de sport, celles que vous mettrez pour marcher.
- Gardez un pouce devant. Laissez environ 1,5 cm entre le bout du plus long orteil, qui n'est pas toujours le gros, et l'avant de la chaussure. En marchant, le pied avance dans la chaussure, surtout en descente.
- Vérifiez la largeur. Les orteils doivent pouvoir bouger sans que le pied flotte.
- Faites les trois tests. Le contrefort doit rester ferme quand vous le pressez, la chaussure doit céder à l'avant quand vous la pliez, et le milieu doit résister quand vous la tordez.
- Marchez avec, si possible sur une petite pente. Le talon ne doit pas se soulever et rien ne doit frotter. Serrez bien le laçage sur le cou-de-pied pour que le pied ne glisse pas vers l'avant.
Si vous achetez en ligne, mesurez la longueur de votre pied et suivez le guide des tailles de la marque. Essayez ensuite les chaussures chez vous, sur un sol propre, avant toute sortie, pour pouvoir les renvoyer si elles ne conviennent pas.
Pour les chaussettes, l'humidité compte plus que la matière
On lit souvent que les chaussettes synthétiques ou en laine mérinos évitent les ampoules, contrairement au coton. Les données sont moins tranchées. Chez 203 randonneurs du chemin de Compostelle, qui avaient parcouru 254 km en moyenne, la matière de la chaussette n'était pas liée aux ampoules. Marcher en chaussettes mouillées, en revanche, multipliait le risque par près de deux (Chicharro-Luna et al., 2022).
- Choisissez des chaussettes à votre taille, sans couture saillante, qui sèchent vite.
- Par temps de pluie, associez-les à une chaussure imperméable, et emportez une paire de rechange pour les longues sorties.
- Essayez toujours vos chaussures avec les chaussettes que vous porterez.
Budget et durée de vie
Le prix ne dit pas si une chaussure vous va. Une chaussure de trail ou de course d'entrée de gamme, bien ajustée et adaptée à votre terrain, vaut mieux qu'un modèle haut de gamme mal choisi. Les modèles de la saison précédente sont souvent vendus moins cher et font aussi bien l'affaire. Si vous marchez par tous les temps, deux paires (une imperméable, une aérée) durent plus longtemps qu'une seule.
L'amorti s'use avant la semelle. Pour les chaussures de course, l'Académie américaine des chirurgiens orthopédistes indique qu'une semelle intermédiaire en EVA, la mousse la plus courante, a perdu environ 45 % de son amorti initial au bout de 800 km. La marche nordique est moins traumatisante que la course, mais les signes d'usure sont les mêmes :
- des crampons lisses ou une semelle usée de travers ;
- une mousse tassée, plissée sur les côtés ;
- un contrefort qui s'affaisse ;
- des douleurs nouvelles aux pieds ou aux genoux après vos sorties habituelles. Si elles persistent, parlez-en à un médecin ou à un podologue.
Les bâtons comptent autant que les chaussures
Les chaussures portent le bas du corps. Les bâtons font la différence entre une marche et une marche nordique, car ce sont eux qui font travailler les bras, les épaules et le dos. Choisissez-les avec le même soin que vos chaussures.

Les Arcs de Marche® MØNARC® ont été conçus pour le geste de la marche nordique, et leur courbure intégrale suit le trajet naturel du bras. L'Université Grenoble Alpes les a comparés à des bâtons droits chez 8 pratiquants réguliers. Avec les Arcs, l'angle de poussée passe de 46° à 33° et la propulsion est 22 % plus efficace, pour la même consommation d'oxygène et la même fréquence cardiaque. Les vibrations transmises aux bras baissent d'environ 25 %. Ce sont les premiers bâtons dont la forme a été comparée scientifiquement aux bâtons droits. Découvrir l'étude.
Leur pointe se présente plus verticalement au sol, pour une accroche régulière, et ils sont acceptés en compétition. Pour comparer les bâtons entre eux, lisez nos 7 critères pour bien choisir ses bâtons. Si vous marchez en club, un Club Partenaire MØNARC® fait bénéficier ses adhérents de 30 € de remise par paire.
On nous demande souvent s'il faut mesurer ses bâtons chaussé. La règle de taille (votre taille × 0,68) suffit, car l'épaisseur de la semelle change peu la position des bras. Vérifiez simplement l'angle du coude avec vos chaussures de marche. Le détail est dans notre guide des tailles.
Questions fréquentes
Peut-on faire de la marche nordique avec des chaussures de running ?
Oui, une chaussure de course sur route convient très bien sur le bitume, les voies vertes et les chemins secs, car elle est amortie, légère et souple. Sur la boue ou l'herbe mouillée, son accroche devient insuffisante et une chaussure de trail est préférable.
Faut-il des chaussures montantes pour la marche nordique ?
En général, une tige basse suffit, car elle laisse la cheville fléchir librement à chaque pas. Une tige mi-haute se justifie sur un terrain très caillouteux, en montagne ou si vous vous tordez facilement la cheville.
Faut-il des chaussures imperméables ?
Une chaussure imperméable convient à l'automne, à l'hiver et à l'herbe mouillée. En été, une chaussure aérée est plus agréable, car la membrane fait transpirer davantage. Si vous n'avez qu'une paire et marchez toute l'année, la version imperméable couvre le plus de situations.
Existe-t-il des chaussures spéciales marche nordique ?
Oui, mais elles sont rares. En octobre 2026, Decathlon en référence encore sous sa marque Newfeel. Une chaussure de trail basse, souple et légère convient tout aussi bien si elle répond aux critères de cet article.
Quand changer ses chaussures de marche nordique ?
Changez-les quand les crampons sont lisses, que la mousse est tassée ou que le contrefort s'affaisse. Pour les chaussures de course, une mousse EVA a perdu environ 45 % de son amorti après 800 km.
Faut-il mesurer ses bâtons avec ses chaussures ?
Ce n'est pas nécessaire, car la formule taille × 0,68 suffit et l'épaisseur de la semelle change peu la position des bras. Vérifiez seulement l'angle du coude avec vos chaussures de marche aux pieds.
Sources
- Roy M. et al., European Journal of Physical and Rehabilitation Medicine, 2020, 56(5) : 607-615.
- Pérez P., Llana S., Encarnación A., Fuster M.A., « Nordic walking as alternative physical activity for population with neuropathy on foot », European Journal of Human Movement, 2010, 22.
- Encarnación-Martínez A. et al., « Plantar Pressure Differences between Nordic Walking Techniques », Journal of Human Kinetics, 2017, 57 : 221-231.
- Hagen M., Hennig E.M., Stieldorf P., « Ground reaction forces, rearfoot motion and wrist acceleration in Nordic walking », congrès de l'International Society of Biomechanics in Sports (ISBS), 2006.
- Knapik J.J., Reynolds K.L., Harman E., « Soldier load carriage: historical, physiological, biomechanical, and medical aspects », Military Medicine, 2004, 169(1) : 45-56.
- Buldt A.K., Menz H.B., « Incorrectly fitted footwear, foot pain and foot disorders », Journal of Foot and Ankle Research, 2018, 11 : 43.
- Chicharro-Luna E. et al., « The influence of sock composition on the appearance of foot blisters in hikers », Journal of Tissue Viability, 2022, 31(2) : 315-318.
- American Academy of Orthopaedic Surgeons, OrthoInfo, « Athletic Shoes », consulté en octobre 2026.
- Australian Podiatry Association, fiche « Footwear health check ».
- Termoz, Depery, Lorenzi, Université Grenoble Alpes : étude des bâtons courbes MØNARC® comparés à des bâtons droits.
Les Arcs de Marche® MØNARC®
Ces bâtons de marche nordique 100 % carbone à courbure intégrale pèsent 140 g chacun et sont conçus et assemblés en France. Ils sont livrés prêts à marcher avec gantelets, pointes en carbure de tungstène et housse sur mesure.
Avertissement. Cet article donne des informations générales. Il ne remplace ni l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, ni l'encadrement d'un moniteur qualifié. Avant de commencer ou d'intensifier une activité physique, en particulier si vous avez un problème de santé, une douleur ou un traitement en cours, consultez votre médecin. Pratiquez selon votre condition physique, sur un terrain adapté et avec un équipement en bon état. Chacun reste seul responsable de sa pratique et des décisions qu'il prend à partir de ces informations, et MONARC SAS ne saurait être tenue responsable de leurs conséquences.
