Marche nordique et trail : peut-on utiliser les mêmes bâtons ?
Dans bien des cas, vous pouvez utiliser les mêmes bâtons. Un bon bâton de marche nordique, léger et rigide, fait un très bon bâton de trail tant que vous le gardez en main, que ce soit en montée, sur un kilomètre vertical ou en sortie d'entraînement. Il devient encombrant quand il faut le ranger pour courir, et certaines courses interdisent tout bâton. L'inverse est moins vrai, car la plupart des bâtons de trail n'ont ni le gantelet ni la pointe qu'exige la poussée de la marche nordique.
En bref
- Deux usages : en marche nordique, on pousse sur ses bâtons à chaque pas ; en trail, on s'en sert surtout en montée et on les range pour courir.
- Bâtons de marche nordique en trail : ils sont très efficaces en côte, en kilomètre vertical et à l'entraînement, mais un monobrin ne se plie pas.
- Bâtons de trail en marche nordique : ils peuvent dépanner, mais sans vrai gantelet, la main ne peut pas s'ouvrir en fin de poussée.
- Longueur : les fabricants de bâtons de trail conseillent à peu près la même longueur qu'en marche nordique, avec le coude à angle droit. Pour la montée, prenez la plus petite des deux longueurs possibles.
- Règlements : les bâtons sont souvent autorisés à condition de les garder jusqu'à l'arrivée (courses du circuit UTMB), et parfois interdits (Grand Raid de La Réunion, Sierre-Zinal). Lisez toujours le règlement de l'épreuve.
Deux sports, deux façons de se servir des bâtons
En marche nordique, le bâton est le moteur du geste. Il se plante incliné vers l'arrière, à peu près entre les deux pieds, puis le bras pousse jusqu'au-delà de la hanche. En fin de poussée, la main s'ouvre et le gantelet retient le bâton. Le mouvement est alterné et continu, du début à la fin de la sortie, sur le plat comme en côte.
En trail, les bâtons servent surtout quand la pente se redresse. Le coureur passe à la marche rapide et pousse sur ses bâtons, en alterné ou les deux ensemble (la double poussée) quand c'est très raide. En descente, ils servent d'appui et de frein sur les passages délicats. Sur le plat et dans les portions où l'on court, ils gênent, si bien qu'on les porte à la main ou qu'on les range dans le sac.
Les deux pratiques demandent donc la même chose à un bâton (légèreté, rigidité, une pointe qui accroche), mais pas au même moment ni de la même façon, ce qui explique leurs différences.
Ce qui distingue un bâton de marche nordique d'un bâton de trail

| Critère | Bâton de marche nordique | Bâton de trail |
|---|---|---|
| Construction | Monobrin (une seule pièce) ou télescopique | Pliant en 3 ou 4 brins, dit « en Z », parfois télescopique |
| Tenue | Gantelet qui enveloppe la main, souvent à attache rapide | Dragonne le plus souvent ; demi-gant à clip chez certaines marques |
| Poignée | Courte, en liège ou en mousse | Allongée par un prolongement en mousse, pour tenir le bâton plus bas en côte |
| Pointe | Biseautée, avec embout caoutchouc pour l'asphalte | En carbure, souvent avec une petite rondelle |
| Poids d'un modèle carbone | 140 g par bâton pour les Arcs de Marche® | Environ 135 à 150 g par bâton en 120 cm (Leki, Black Diamond, Evadict) |
| Rangement | Dans une housse, car un monobrin mesure de 1 m à 1,30 m | 35 à 43 cm plié, dans le sac ou un carquois |
Le gantelet fait la vraie différence
En marche nordique, la main s'ouvre à la fin de chaque poussée, et sans gantelet le bâton tomberait. Le gantelet enveloppe la main et transmet la poussée même main ouverte. La plupart des bâtons de trail ont une simple dragonne, pensée pour une main fermée sur la poignée. Elle suffit pour pousser en montée, mais pas pour le geste complet de la marche nordique. Certaines marques, comme Leki, équipent toutefois leurs bâtons de trail d'un demi-gant à clip proche d'un gantelet. Pour bien choisir le vôtre, lisez notre article Gantelet de marche nordique : rôle, tailles et comment bien le choisir.
La pointe et la poignée
La pointe d'un bâton de marche nordique est biseautée pour accrocher alors que le bâton est incliné vers l'arrière ; sur l'asphalte, on la coiffe d'un embout caoutchouc. Celle d'un bâton de trail est une pointe en carbure classique, souvent entourée d'une petite rondelle qui l'empêche de s'enfoncer dans la boue ou entre les pierres. Côté poignée, le bâton de trail a souvent un prolongement en mousse. En montée raide, le coureur descend la main dessus pour raccourcir son bâton sans le régler.
Pliant ou monobrin
C'est la différence qui compte le plus en course. Un bâton de trail pliant se replie en quelques secondes en trois ou quatre brins reliés par un câble, et tient dans le sac ou dans un carquois. Un monobrin ne se plie pas, mais il n'a ni jonction ni mécanisme. Il est donc plus rigide, rien n'y prend de jeu et toute la poussée va au sol. Le détail de ce choix est dans notre article Bâtons de marche nordique monobrin ou télescopique : lequel choisir ?
Ce que les bâtons apportent en trail
Les études sur les bâtons en trail sont peu nombreuses et portent sur de petits groupes, mais elles vont dans le même sens.
- En montée raide, un peu d'énergie économisée. Sur tapis, 14 coureurs de montagne ont dépensé 2 à 3 % d'énergie en moins par mètre de dénivelé avec des bâtons, sur les pentes les plus fortes testées, de 25 à 35°, soit environ 47 à 71 % de pente (Giovanelli et al., 2019).
- Des jambes ménagées, un peu plus de vitesse. Chez 15 traileurs entraînés, les bâtons ont réduit la force exercée sous les pieds en montée, sans changer la fréquence cardiaque ni la consommation d'oxygène. À effort maximal, ils sont montés 2,5 % plus vite avec bâtons (Giovanelli et al., 2023).
- Moins de dégâts musculaires. Après l'ascension et la descente du Snowdon, au pays de Galles, le groupe équipé de bâtons avait moins perdu de force, avait moins de courbatures 24 et 48 heures après, et avait trouvé la montée moins pénible (Howatson et al., 2011).
- Moins de charge sur le genou en descente. Sur une pente à 25°, les bâtons ont réduit de 12 à 25 % les forces mesurées dans l'articulation du genou (Schwameder et al., 1999).
Ces bénéfices tiennent aux bâtons, quels qu'ils soient. Le choix du modèle dépend plutôt de la façon de pousser, du poids porté au bout des bras pendant des heures et de ce qu'on fait des bâtons quand on ne s'en sert pas.
Faire du trail avec ses bâtons de marche nordique
En montée, ils sont à leur place
La montée est le terrain où la marche nordique et le trail se rejoignent. Dans les deux cas, on penche le buste en avant, on raccourcit le pas et on pousse activement sur ses bâtons. Un bâton de marche nordique y est parfaitement à l'aise. Le gantelet permet de pousser loin derrière sans serrer la poignée, ce qui ménage les avant-bras sur une longue côte. Sur les pentes les plus raides, la double poussée prend le relais, comme sur un kilomètre vertical avec bâtons.
C'est aussi là que la forme du bâton compte. Avec un bâton droit, une partie de la poussée part vers le bas et vous soulève. La courbure des Arcs de Marche® MØNARC® ramène cette poussée vers l'avant. L'Université Grenoble Alpes a mesuré un angle de poussée de 33° avec les Arcs contre 46° avec des bâtons droits, et une propulsion 22 % plus efficace, pour la même consommation d'oxygène et la même fréquence cardiaque. Ces mesures ont été faites sur piste, à 5 et 6 km/h, et c'est cette propulsion que nos marcheurs appellent l'effet booster. Le protocole complet est sur la page Étude Université Grenoble Alpes.

Les limites du monobrin en trail
- Ranger : un monobrin ne se plie pas. Sur les portions où l'on court, on le porte à la main, tenu par le milieu, pointes vers l'arrière et vers le bas. Un bâton de plus d'un mètre se fixe mal sur un gilet de trail. Si votre course alterne souvent montées et longues portions courues, un pliant sera plus pratique.
- Descendre : en descente technique, il est prudent de libérer la main pour pouvoir lâcher le bâton s'il se coince entre deux pierres. Avec des gantelets à attache rapide, comme ceux des Arcs, vous décrochez la main d'un geste et vous la raccrochez en bas.
- Asphalte : sur les liaisons goudronnées, la pointe en carbure de tungstène accroche mal et s'use. Mettez des embouts caoutchouc (pads) ; pour les Arcs, ils sont vendus séparément.
Pour qui le monobrin a du sens en trail
Le monobrin a du sens si vous gardez vos bâtons en main du départ à l'arrivée, comme dans les situations suivantes :
- les sorties d'entraînement en côte et les séances de dénivelé, où les bâtons ne quittent pas les mains ;
- les kilomètres verticaux, qui ne sont qu'une longue montée ;
- les trails de montagne où la marche domine, et les courses qui imposent de garder ses bâtons jusqu'à l'arrivée ;
- la randonnée sportive, l'ultra-marche et la marche nordique en montagne.
Un pliant reste plus pratique sur les trails roulants, où l'on court la plus grande partie du temps, et sur les courses qui demandent de ranger ses bâtons sur une partie du parcours.

Et des bâtons de trail pour la marche nordique ?
Pour une séance de découverte, ils dépannent. Pour pratiquer, ils ont trois défauts. La dragonne ne permet pas d'ouvrir la main en fin de poussée. La pointe accroche moins bien quand le bâton est incliné vers l'arrière, et il manque l'embout caoutchouc pour l'asphalte. Enfin, les jonctions d'un pliant ajoutent un peu de jeu là où la marche nordique demande un bâton rigide, poussé des milliers de fois par sortie. Si vous pratiquez les deux, c'est le bâton de marche nordique qui passe le mieux de l'un à l'autre.
Quelle longueur pour le trail ?
On lit souvent qu'un bâton de trail doit être plus court qu'un bâton de marche nordique. Les tableaux des fabricants ne le confirment pas. Ils aboutissent à des longueurs voisines, autour de deux tiers de la taille, avec le coude à angle droit quand le bâton est tenu vertical.
| Votre taille | Arcs de Marche® (taille × 0,68) | Black Diamond, bâtons de course | Evadict, bâtons de trail |
|---|---|---|---|
| 1,62 m | 110 cm | 110 cm | 110 cm |
| 1,70 m | 115 cm | 115 cm | 110 cm |
| 1,78 m | 120 cm | 120 cm | 120 cm |
| 1,85 m | 125 cm | 125 cm | 130 cm |
La différence se joue en montée. Le traileur raccourcit son bâton en descendant la main sur le prolongement de la poignée, et Black Diamond conseille de prendre la plus petite des deux longueurs quand on hésite, parce qu'en course, c'est la poussée en montée qui compte. Avec un monobrin à longueur fixe, appliquez la même logique en gardant votre longueur de marche nordique, soit la taille × 0,68 et la plus petite entre deux longueurs, sans prendre la taille au-dessus. Notre guide des tailles donne la longueur pour chaque taille, et notre article sur le kilomètre vertical détaille la technique des pentes les plus raides.
Ce que disent les règlements des courses
En trail, chaque organisateur fixe sa règle, car World Athletics laisse l'usage des bâtons à sa discrétion, surtout sur les longues distances. On rencontre trois cas.
- Autorisés, mais à garder jusqu'à l'arrivée. C'est la règle des courses du circuit UTMB World Series. Qui part avec des bâtons doit les porter toute la course, il est interdit d'en récupérer en route, et ils n'ont pas leur place dans les sacs d'allègement. Leur usage peut aussi être interdit sur certaines zones signalées.
- Interdits. Au Grand Raid de La Réunion, la Diagonale des Fous comprise, tout bâton est interdit, sous peine d'une heure de pénalité. À Sierre-Zinal, en Suisse, en porter sur le parcours entraîne la disqualification.
- Obligatoires. En compétition de marche nordique, les bâtons font partie de la discipline. Les Arcs de Marche® y sont acceptés sur tous les circuits en Europe. Le calendrier et les formats sont dans notre article Marche nordique compétition : existe-t-il des courses et des événements ?
Pour un monobrin, la règle « à garder jusqu'à l'arrivée » ne change rien, puisque vous l'aviez en main de toute façon. Ce sont les zones où les bâtons doivent être rangés, et les longues portions courues, qui avantagent les pliants.
Une seule paire pour les deux ?
Si vous courez des trails rapides et roulants, gardez un pliant pour la course et des bâtons de marche nordique pour vos sorties. Si vous marchez beaucoup, montez beaucoup et gardez vos bâtons en main, une seule paire de monobrins légers suffit.
Les Arcs de Marche® ont été pensés pour cet usage. Conçus pour le geste de la marche nordique, assez légers et rigides pour les longues montées, ils accompagnent aussi bien les séances de club que les sorties en montagne. Nous expliquons ce qu'ils changent sur les très longues distances dans Bâtons en ultra-trail : pourquoi les courbés changent vraiment la donne.
Beaucoup de clubs proposent à la fois marche nordique et trail. Le label Club Partenaire MØNARC® donne à leurs adhérents 30 € de remise par paire d'Arcs de Marche®, et au club des conditions préférentielles sur les stages certifiants.
Questions fréquentes
Peut-on faire du trail avec des bâtons de marche nordique ?
Vous pouvez le faire, surtout en montée, en kilomètre vertical et à l'entraînement, quand vous gardez vos bâtons en main. Le rangement est leur limite. Un monobrin ne se plie pas, ce qui gêne sur les trails où l'on court beaucoup.
Peut-on faire de la marche nordique avec des bâtons de trail ?
Ils conviennent pour une découverte. Pour pratiquer, il leur manque le plus souvent un vrai gantelet, qui permet d'ouvrir la main en fin de poussée, ainsi que l'embout caoutchouc pour l'asphalte.
Les bâtons de trail sont-ils plus courts que ceux de marche nordique ?
Ils ne le sont pas vraiment. Les tableaux des fabricants donnent des longueurs proches, avec le coude à angle droit. En montée, le traileur raccourcit sa prise sur la poignée allongée ou choisit la plus petite des deux longueurs possibles.
Les bâtons sont-ils autorisés en trail ?
Cela dépend de la course. Ils sont autorisés sur de nombreux trails longs, souvent avec l'obligation de les garder jusqu'à l'arrivée (circuit UTMB), et interdits sur d'autres (Grand Raid de La Réunion, Sierre-Zinal). Le règlement de l'épreuve fait foi.
Faut-il garder les gantelets en descente ?
Sur une descente technique, mieux vaut libérer la main pour pouvoir lâcher le bâton s'il se coince. Les gantelets à attache rapide se décrochent et se raccrochent d'un geste.
Les Arcs de Marche® se plient-ils ?
Ils ne se plient pas. Ce sont des monobrins à longueur fixe, de 100 à 130 cm, choisie à l'achat, et c'est ce qui les rend rigides et sans jeu. Ils se transportent dans leur housse sur mesure.
Sources
- Giovanelli N. et al., « Do poles save energy during steep uphill walking? », European Journal of Applied Physiology, 2019, 119 : 1557-1563.
- Giovanelli N. et al., « Do poles really “save the legs” during uphill pole walking at different intensities? », European Journal of Applied Physiology, 2023, doi : 10.1007/s00421-023-05254-9.
- Howatson G. et al., « Trekking poles reduce exercise-induced muscle injury during mountain walking », Medicine & Science in Sports & Exercise, 2011, 43(1) : 140-145.
- Schwameder H. et al., « Knee joint forces during downhill walking with hiking poles », Journal of Sports Sciences, 1999, 17(12) : 969-978.
- Termoz N., Depery E., Lorenzi G., Université Grenoble Alpes : étude des bâtons courbes MØNARC® comparés aux bâtons droits.
- Règlements consultés en octobre 2026 : UTMB World Series (règlement 2025 des épreuves), Grand Raid de La Réunion, Sierre-Zinal ; World Athletics, page « Mountain and Trail Running ».
- Tableaux de tailles et fiches techniques de Black Diamond (Distance Carbon Z), Leki (Ultratrail FX.One Superlite) et Evadict, consultés en octobre 2026.
Les Arcs de Marche® MØNARC®
Ces bâtons de marche nordique 100 % carbone à courbure intégrale pèsent 140 g chacun et sont conçus et assemblés en France. Ils sont livrés prêts à marcher avec gantelets, pointes en carbure de tungstène et housse sur mesure.
Avertissement. Cet article donne des informations générales. Il ne remplace ni l'avis d'un médecin ou d'un professionnel de santé, ni l'encadrement d'un moniteur qualifié. Avant de commencer ou d'intensifier une activité physique, en particulier si vous avez un problème de santé, une douleur ou un traitement en cours, consultez votre médecin. Pratiquez selon votre condition physique, sur un terrain adapté et avec un équipement en bon état. Chacun reste seul responsable de sa pratique et des décisions qu'il prend à partir de ces informations, et MONARC SAS ne saurait être tenue responsable de leurs conséquences.
